3 idées originales pour insuffler une numérique attitude en entreprise

Devenir digital nécessite un changement de culture d’entreprise. Voici trois méthodes originales pour insuffler un « digital spirit  » à vos équipes.

 

Passer au numérique n’est pas un levier de compétitivité pour relancer la croissance, mais une question de survie. Et c’est là que les ennuis commencent. Car la transition ne se résume pas à installer des ordinateurs, les connecter, et former ses collaborateurs à leur usage. Il s’agit de changer de fond en comble non seulement l’organisation de l’entreprise, mais également sa culture. À quoi bon avoir un compte Twitter, s’il faut demander l’autorisation à son « N + 2 » pour publier le moindre message ?

Changer de culture est long, très long. Arnaud Rayrole, le directeur général du cabinet Lecko, estime qu’en matière de culture de collaboration « il faut entre neuf et douze mois pour obtenir les premiers effets, quand quelques jours, voire quelques heures, suffisent pour installer un nouveau logiciel ». Or il y a urgence à agir, comme le rappelait une note récente d’Arthur Sode pour France Stratégie. En 2014, 63 % des entreprises françaises disposaient d’un site web. Et 7 % seulement utilisaient les réseaux sociaux pour leur relation client, contre 25 % en moyenne dans l’OCDE ! S’il ne s’agit pas de copier ce qui se fait ailleurs, il est possible néanmoins de s’en inspirer en l’adaptant à son contexte. Pour agir vite, il n’est plus temps de réinventer la roue.

 

1) Abritez une artiste

Entreprise de vente par correspondance traditionnelle, la Camif a été reprise par une équipe qui dirigeait la start-up Matelsom. D’un côté l’open space, de l’autre des bureaux cloisonnés, avec moquette au mur ; les employés au rez-de-chaussée et la direction à l’étage. Première révolution accomplie : casser les murs et créer un espace unique pour signifier le nouvel état d’esprit. Pourtant, explique Emery Jacquillat, le PDG, « faire tomber les murs a été beaucoup plus facile que changer la culture d’entreprise ». Les cloisons tombées, les mauvaises habitudes persistaient et ceux qui n’avaient pas l’habitude de se parler continuaient à s’ignorer.

Le nouveau PDG a alors l’idée de faire venir en résidence une artiste, Anne-Laure Maison. Sa mission était de créer chaque jour « quelque chose de nouveau, permettant d’ouvrir le regard de chacun au changement ». Une version managériale du célèbre « Étonne-moi » avec lequel le chorégraphe russe Serge de Diaghilev défia Jean Cocteau.

Surprise de voir des collaborateurs situés à moins de deux mètres s’envoyer des e-mails, Anne-Laure Maison a eu l’idée de matérialiser les déplacements avec de l’adhésif rose apposé sur le sol. Les premiers temps, ces lignes droites reliant les bureaux intriguèrent, mais personne n’en comprit la signification. Le pot aux roses fut découvert par une équipe qui, s’étant absentée, constata à son retour l’absence de nouvelles lignes et déchiffra le sens de cet étrange réseau. Un moyen de faire prendre conscience aux équipes de la nécessité d’améliorer la transversalité du travail. Et pour que personne n’oublie l’importance de « casser les silos », les lignes roses sont toujours présentes dans les locaux.

 

2) Jouez avec le digital

Chez Pernod Ricard aussi, il a fallu accompagner la transformation de l’entreprise par un changement de culture. Le défi était d’autant plus grand que le groupe refuse de parler de stratégie digitale, « notamment pour prouver que le sujet n’est pas un silo à part », explique Antonia McCahon, la directrice de l’accélération digitale du groupe (DAO). Rien de tel que le jeu pour mettre du numérique dans les esprits sans effort. C’est ce qui fut fait avec Digifit, une sorte de Trivial Pursuit destiné à sensibiliser les employés aux enjeux du numérique en général, à la régulation de l’e-commerce et à la communication en particulier.

Pour inciter les gens à participer, les collègues pouvaient se lancer des défis d’un bureau à l’autre, d’une filiale à l’autre. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Inauguré en septembre 2014, le parcours de formation a été accompli par 90 % des équipes en un an. Face à ce succès, la DAO a créé un format trimestriel, les « battle weeks ». Pendant une semaine, les salariés peuvent se lancer des défis. Antonia McCahon réutilise la plate-forme technique de Digifit pour créer des formations spécialisées, toujours sur le même modèle. Elles ne sont plus forcément destinées à toute l’entreprise.

 

Lire la suite de l’article de Christophe Bys sur Usine Digitale