7 idées reçues sur le cerveau qui limitent votre efficacité

On n’utilise que 10% de nos neurones, on en perd dès l’âge de 20 ans… Chacun a des priori souvent erronés sur cet organe prodigieux. Décryptage par Nadia Medjad, docteur en médecine et coach.


 

Le cerveau se modifie à chaque seconde, en fonction de ce qu’on pense, de ce qu’on ressent, de ce qu’on dit et de ce qu’on fait. Il est malléable car il se reconfigure en fonction de l’environnement. C’est l’une des grandes découvertes des neurosciences depuis ces vingt dernières années. Grâce aux nouvelles technologies, dont l’IRM fonctionnelle, les chercheurs ont percé quelques mystères de sa performance. Bonne nouvelle: on peut optimiser ses cellules grises en agissant autrement.

 

Idée reçue n°1. « On est plus performant à 30 ans qu’à 50 ans« 

Eh bien non ! S’il est vrai qu’on perd des neurones dès l’âge de 20 ans (100 000 par jour), notre stock est si énorme – 86 milliards – que cela n’a aucune importance. En outre le cerveau fabrique des connexions neuronales tout au long de la vie. Il ne s’use, que si l’on ne s’en sert pas !

En pratique. Le junior est peut-être plus rapide mais le senior a créé dans son cerveau des raccourcis au fil de son expérience. A l’arrivée la performance est la même.

 

Idée reçue n°2. « Nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau » 

C’est un mythe ! Notre boîte crânienne fonctionne 100% du temps. Mais elle n’active pas toutes les zones cérébrales en même temps, car elle serait en surchauffe. De fait, le cerveau opère un partage des tâches. Durant la nuit, il trie, classe, range, consolide les informations récoltées dans la journée et les relie à ce qu’on sait déjà dans une vaste bibliothèque. Le sommeil est donc capital.

En pratique. Mieux vaut dormir une demi-heure de plus que de travailler un demi-heure de plus le soir, pour laisser vos neurones vaquer à l’archivage.

 

Idée reçue n°3. « Quand on « est dans la lune », c’est que le cerveau se repose » 

Le cerveau ne chôme jamais. « Dans la lune », il classe, trie, comme lorsque que vous dormez . Il faut le laisser faire, voire l’encourager à s’échapper, surtout lorsqu’on est focalisé sur une tâche ardue. Ces « absences » sont de formidable alliées de la mémoire.

En pratique. Evitez d’enchaîner vos dossiers importants le matin sans faire de break, même si vos idées vous semblent plus claires que l’après-midi. Les experts recommandent un vraie rupture. Et idéalement, des mini-pauses de 2 à 3 minutes toutes les 30 minutes dans la journée.

 

Idée reçue n°4. « Les esprits cartésiens prennent de meilleures décisions » 

Faux ! Les émotions font partie intégrante de la rationalité. Le neurologue, Antonio Damasio, a démontré en 1995, dans son livre « L’erreur de Descartes », que ressentir et exprimer des émotions – logées principalement dans l’hémisphère droit – est indispensable à la mise en oeuvre de comportements rationnels d’adaptation. Autrement dit, loin de perturber le raisonnement comme l’affirmait le philosophe, elles l’irriguent.

En pratique. Travaillez votre intelligence émotionnelle – la capacité à capter ses affects et ceux des autres pour s’ajuster – autant que votre intelligence « logico-mathématique » ou « linguistique », les deux seules que vous ayez travaillées à l’école. Vous ferez alors la différence avec des pairs très brillants, mais plus froids et moins pertinents dans leurs arbitrages.

 

Lire la suite de l’article de Marie-Madeleine Sève sur l’Express, l’Entreprise