Le crowdfunding devient encore plus légitime pour finances les PME

La Médiation du crédit aux entreprises et l’association Financement Participatif France ont signé, mercredi 16 décembre, une convention de partenariat. L’objectif : informer un maximum de sociétés de l’existence des nouveaux financements alternatifs au crédit bancaire.

 

Patrons de PME, votre banquier se fait tirer l’oreille pour vous financer ? N’ayez crainte, la solution du « crowdfunding » (financement participatif) existe. Tel est, en substance, le message délivré mercredi 16 décembre par la Médiation du crédit aux entreprises et par Financement Participatif France, l’association professionnelle des acteurs du crowdfunding, à l’occasion de la signature d’une convention de partenariat. Pour mémoire, la Médiation du crédit avait été créée au plus fort de la crise financière de 2008 par Nicolas Sarkozy, alors président de la République, afin de démêler les situations d’entreprises – pour beaucoup des PME et des TPE – confrontées à des difficultés de financement de la part de leurs banques.

Depuis sa création, la Médiation, en travaillant au rapprochement des positions divergentes entre les chefs d’entreprise et leurs banquiers, est parvenue à débloquer un total de 6,5 milliards d’euros, pour le compte de quelque 20.000 sociétés. « Il ne s’agissait là que de crédits bancaires. Mais, aujourd’hui, les alternatives au financement bancaire se sont démultipliées, et le crowdfunding nous semble représenter une voie prometteuse pour le financement des PME et des TPE françaises« , a déclaré Fabrice Pesin, le médiateur national du crédit, lors d’une conférence de presse.

 

Le crowdfunding encore méconnu des entreprises

 

De fait, si le crowdfunding ne pèse pas encore très lourd en valeur absolue, sa progression est en revanche impressionnante. Au premier semestre, les plateformes de crowdfunding – qui mettent en relation quasi directe, via Internet, des porteurs de projets en quête d’argent avec des particuliers désireux de prêter, d’investir ou de donner une partie de leurs économies – ont permis de collecter 133,2 millions d’euros, en France. Un montant qui a doublé en l’espace d’un an, et dont plus du tiers, soit une cinquantaine de millions d’euros, est allé au financement d’entreprises, a précisé Nicolas Lesur, président de Financement Participatif France, pour qui cette proportion est appelée à croître.

Cet essor du crowdfunding résulte certes de l’engouement des Français pour l’économie collaborative et de leur souhait de donner du sens à leur épargne, mais il est également encouragé par les pouvoirs publics, avec une réglementation ad hoc entrée en vigueur le 1er octobre 2014. Seul hic, « comme nous sommes encore assez nouveaux, nous avons besoin de nous faire connaître« , souligne Nicolas Lesur, qui, depuis la création de Financement Participatif France en 2012, sillonne pourtant les régions de France afin d’y répandre la bonne nouvelle de l’existence du crowdfunding.

 

Les banques rechignent à financer les investissements immatériels

 

C’est justement pour contribuer à la promotion de ce dernier comme outil de financement des TPE et des PME que la Médiation du crédit et Financement Participatif France ont signé cette convention de partenariat. La Médiation s’engage ainsi, à chaque fois qu’une entreprise la saisira pour un refus de financement bancaire, à l’informer des possibilités de financement offertes par le crowdfunding. Attention, il ne s’agit pas d’orienter vers la finance participative les sociétés retoquées par leur banque en raison de leur grande fragilité financière. Mais la PME ou la TPE qui, malgré sa bonne santé, n’a par exemple décroché qu’un crédit bancaire de 200.000 euros, au lieu des 300.000 espérés. Via le crowdfunding, elle pourra peut-être trouver le solde de 100.000 euros. « Je crois beaucoup à la combinaison entre financement bancaire et financement participatif. En tant que médiateur, ce qui m’importe, c’est que les entreprises aient à leur disposition des sources de financement variées, tant sur le plan de la qualité que sur celui de la quantité« , a souligné Fabrice Pesin.

Autre catégorie de sociétés concernées, celles qui, à l’image des jeunes entreprises innovantes, ont besoin de financer beaucoup d’investissements immatériels, tels que leur internationalisation. Des financements dont les banques ne sont guère friandes car ils ne leur permettent pas de prendre des garanties réelles, comme le nantissement d’un fonds de commerce. Un peu dans la même veine, certains patrons de PME et de TPE, en bons père de famille, ne veulent pas risquer leur patrimoine personnel dans leur aventure entrepreneuriale, et refusent donc de fournir les cautions personnelles exigées par les banques lorsqu’elles accordent un prêt. Pour ceux-là aussi, les plateformes Internet de prêt aux PME, qui n’ont pas ces exigences, peuvent constituer une solution.

 

Lire la suite de l’article de Christine Lejoux sur La tribune / @ChLejoux