Ces DRH déçus des cabinets de recrutement

Manque de réactivité, problème d’évaluation des candidats, coût élevé… De nombreuses raisons poussent des entreprises à reprendre en main leurs recrutements. Témoignages.

 

En France, un recrutement sur cinq est confié à des cabinets extérieurs, selon les chiffres du Syntec. Une pratique importante pourtant remise en cause par certaines entreprises dont le retour d’expérience laisse songeur. « Nous embauchons une centaine de collaborateurs par an et, quand nous passions par des cabinets extérieurs nous avions en permanence une trentaine de postes non pourvus. C’était ingérable. En dépit de coûts élevés (20% du salaire annuel brut du salarié), les consultants ne parvenaient pas à cerner nos besoins et nos valeurs, se souvient Brigitte Schifano, DRH de Aramisauto.com. Les candidats qu’ils nous envoyaient ne correspondaient pas à ce que nous attendions et le turn-over était de ce fait trop élevé ». En 2013, elle décide de prendre les choses en main et de créer sa propre agence interne.

La même année quelques mois après son arrivée chez l’assureur Swiss Life, Marion Karila, chargée des recrutements, fait un choix identique pour des motifs assez similaires. « Les recrutements étaient confiés aux diverses directions qui travaillaient chacune avec des cabinets différents, pour des coûts très importants », regrette-t-elle. Et là aussi, les résultats laissaient à désirer : « manque de réactivité », méconnaissance de l’environnement « nuisible à la qualité du recrutement »…

 

C’est l’incapacité des cabinets à mesurer le potentiel de la future recrue qui a poussé Noëlla Gavier, DRH, chez Mirakl, éditeur de logiciels de places de marché, à très vite « backsourcer » [NDLR, internaliser] le recrutement. La start-up est en pleine croissance – elle vient de lever 20 millions de dollars. « Nous ne recherchons pas seulement des compétences techniques, mais des collaborateurs qui pourront évoluer en même temps que l’entreprise et prendre des responsabilités plus larges. »

 

Les réseaux sociaux au coeur du changement

En s’inspirant des méthodes des cabinets de recrutement, ces trois entreprises ont chacune créé leur propre structure. Aramisauto.com et Swisslife ont débauché deux chasseuses qui ont constitué leur propre équipe : cinq salariés en CDI chez Aramisauto.com, trois chez Swiss Life, et une seule chez Mirakl… pour l’instant. Une option qui n’aurait pas été possible sans « l’explosion des réseaux sociaux », reconnaît Brigitte Schifano. Job-boards, approche directe via Facebook, Twitter, LinkedIn… Les nouveaux outils en ligne représentent un véritable vivier pour les recruteurs. « La chasse via les réseaux constitue 90% de nos recrutements, précise la DRH. Aujourd’hui, à condition d’avoir une personne dédiée au sourcing des profils sur le net, il est possible d’approcher les bons candidats. »

 

Lire la suite de l’article de Marie-Pierre Noguès-Ledru sur l’Express, l’entreprise