La réflexion stratégique ? Ce n'est pas pour nous !

La stratégie, je n’aime pas ça, ça ne sert à rien !

Bien sûr, les choses sont rarement formulées de manière aussi abrupte, mais bon nombre de Dirigeants de PME rechignent à mener une réflexion stratégique structurée et organisée.

Rédigé par Frédéric DUBOIS dirigeant de Forgacom pour Les Echos

Pourquoi la réflexion stratégique est une mal aimée en PME?

La 1re raison invoquée est souvent que le futur est trop changeant et incertain, conduisant à prendre les décisions stratégiques au fil du temps.

La seconde est une part trop importante laissée à l’intuition, au fameux « sens des affaires ».

D’autres pensent que réfléchir à sa stratégie est réservé aux grands groupes.

Enfin, le grand classique : « je n’ai pas le temps ! »

Une piste de réflexion : combien de temps passez-vous dans une semaine à traiter des questions opérationnelles qui n’auraient pas eu lieu d’exister si la stratégie avait été mieux définie ?

Encore faut-il s’entendre sur ce que l’on nomme stratégie.

Contrairement aux idées reçues, la réflexion stratégique n’a rien de complexe. Elle répond à une logique de raisonnement présentée ici de manière volontairement simplifiée.

Partons d’un constat simple : l’incertitude du futur augmente et, à l’ère de la mondialisation et du numérique, les changements sont de plus en plus rapides et fréquents.

Les risques qui découlent de cette incertitude exigent que l’on consacre plus de temps à préparer l’avenir en utilisant des méthodes rigoureuses : la stratégie c’est piloter son entreprise dans son environnement futur.

Comment mener une réflexion stratégique?

Pour réussir une réflexion stratégique, il faut répondre à 4 questions :

Question1) Où sommes-nous ? C’est le diagnostic.

2) Où allons-nous ? La phase de pronostic.

3) Où voulons-nous aller ? Définition des objectifs.

4) Comment y aller ? C’est ici que se définit la stratégie.

Bien sûr, vous savez cela, mais, à bien y regarder, combien d’entreprises « rognent » l’une ou l’autre de ces étapes ?

On peut résumer succinctement ces 4 étapes de la manière suivante (nous les détaillerons lors d’un prochain article)

1re étape – Le Diagnostic : où sommes-nous ?

Il s’agit de mettre en parallèle l’entreprise et son environnement. C’est la phase la plus importante et pourtant celle qui est le plus souvent escamotée au prétexte que « je connais mon entreprise ». Et pourtant, les erreurs d’analyses sont fréquentes à cause de l’écart qui existe entre :

– La position de mon Entreprise telle que je la souhaiterai.

– La position de mon Entreprise telle que je la perçois (à condition de s’en inquiéter, on se rend compte que les collaborateurs, clients ou partenaires ne voient pas la même chose)

– Et, la position de l’Entreprise telle qu’elle est objectivement.

D’où l’intérêt, pour cette 1re phase, de ne pas faire le travail en solitaire, mais de confronter les opinions. L’apport d’un conseil en stratégie et management vous permettra de disposer d’un contradicteur bienveillant (mais sans complaisance)

En travaillant en partenariat avec vos conseils habituels, expert-comptable, avocat, vous disposerez de visions croisées qui vont enrichir et nourrir votre réflexion pour améliorer la prise de décision. C’est tout l’intérêt de faire une Évaluation des voies de progrès

2e étape – Le pronostic : où allons-nous ?

Que se passe-t-il si on ne change rien ? Il faut pour cela tenir compte des tendances dans l’environnement et dans l’entreprise.

3e étape – Objectifs : où voulons-nous aller ?

Une fois au clair sur les 2 points précédents, il est nettement plus facile de les définir avant de se demander comment y aller. Pour devenir des outils de management, les objectifs doivent être quantifiés et datés. Un objectif du type : j’arrête de fumer ou je fais du sport, sans une date, n’est pas un objectif, mais un vœu.

4e étape – Stratégie : comment irons-nous ?

On peut maintenant décider en tenant compte des enseignements des phases précédentes et des objectifs qui en découlent. Une décision est stratégique, car elle engage le futur.

À titre indicatif, la répartition optimale du temps à consacrer à chaque phase pourrait être de 45 % sur le diagnostic, 15 % sur le pronostic, 10 % pour les objectifs et 30 % sur les stratégies.

Pour conclure, ce schéma simplifié masque des nuances et des difficultés comme l’évaluation objective des forces de l’entreprise, de l’attrait du marché, la créativité pour imaginer les options possibles.

La réflexion stratégique est d’autant plus importante en période d’incertitudes et elle est d’autant plus fédératrice que l’on y fait participer l’encadrement ou le comité de Direction suivant la taille de l’Entreprise.

Vous êtes désormais à quelques clics de passer à l’action et mener une réflexion stratégique : comment cela pourrait-il se passer dans ma PME?