Intrapreneur, salarié du futur

Le terme « intrapreneuriat » est incontestablement un buzz word. Mais quelle réalité recouvre ce concept ? Les entreprises s’efforcent-elles vraiment de révéler l’esprit d’entreprendre chez leurs salariés ? Sommes-nous plutôt dans une dynamique globale autour de l’innovation ? On met les choses à plat…

 

Intrapreneur, pur slogan marketing ou salarié du futur ?

D’après une enquête de Regus, quelque 67% des professionnels français estiment que l’esprit d’entreprise s’est développé au cours des 5 dernières années dans leur secteur. Avec l’émergence de Start-up capables de produire des ruptures sur le marché et de grossir de manière fulgurante, cela n’est pas étonnant ! Mais que se passe-t-il pour les entreprises plus traditionnelles qui, elles aussi, doivent relever le défi de l’innovation ? « Les grands groupes sont aujourd’hui confrontés à leur rigidité et à leur masse. Redonner de l’agilité passe par la mise en place d’outils comme des incubateurs ou des processus comme l’intrapreneuriat » souligne Denis Dauchy, Professeur de stratégie d’entreprise et directeur de l’Executive MBA de l’EDHEC Business School. C’est donc en premier lieu le modèle managérial qui est visé et notamment le rapport entre le salarié et l’employeur : de nouvelles formes contractuelles (en remplacement du contrat salarié type) vont bientôt émerger avec des individus qui louent leurs services et leurs talents. Ce type de configurations est nettement plus à même de susciter l’esprit d’entreprendre chez les collaborateurs.

 

Libérer et organiser la créativité

Avant même les outils, les process ou les statuts, une entreprise a tout intérêt à communiquer (en interne) sur sa volonté de libérer la capacité d’innovation de ses salariés. Puisqu’ils vivent le business sur le terrain, ils sont les mieux placés pour détecter les tendances émergentes. Pourtant, insuffler l’esprit d’innovation réclame de la gouvernance. « L’entreprise doit mettre en œuvre une approche voire un système pour juger les idées et les projets, les intégrer contractuellement et réenvisager la carrière de la personne. L’objectif est de sortir de la chaine normale du management et d’avoir un comité de pilotage indépendant et ouvert à l’externe » poursuit Denis Dauchy.

On retrouve cette logique chez Adeo, le groupe qui détient Leroy Merlin. Là encore, l’entreprise soutient clairement les salariés qui souhaitent créer une entreprise en lien avec le cœur de métier du groupe. Ainsi sont nées les entités Zodio ou Kabane. « Le principe, c’est que si un salarié a une idée de création, soit il la développe seul et à l’extérieur, soit cette idée matche avec la vocation du groupe et l’employeur donne du temps et des moyens pour que l’intrapreneur construise son business model. Si l’étude d’opportunité est positive, deux choix s’ouvrent à l’entreprise : un développement en interne façon incubateur ou une prise de participation financière. »

 

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