Management : en finir avec les effets de mode !

La mode, c’est tellement laid, qu’il faut en changer tous les trois mois ! On pourrait en dire autant avec les effets de « mode managériale ».

Ecrit par Frédéric Dubois, Dirigeant de Forgacom, pour Les Echos

 

Sous prétexte d’innover il ne se passe pas six mois sans qu’un nouveau mode de management soi-disant révolutionnaires ne fasse son apparition. Lean management, entreprise libérée, leadership, équipes autogérées, fonctionnement en tribu, j’en passe et des meilleures.

Alors que dans bien des cas les résultats sur les performances économiques restent encore à démontrer. Les conséquences sont souvent désastreuses en terme de performance sociale. On pense à la génération de stress et changements successifs qui ont pour effet de démotiver les équipes.

Pour autant l’innovation managériale peut apporter une vraie valeur ajoutée. Si elle est porteuse de sens et prends en compte la réalité des collaborateurs.

A y regarder de plus près, on a envie de dire que le bon sens paysan et le retour aux fondamentaux sont souvent de bonnes solutions faisant la part belle au pragmatisme et à la simplicité, permettant une mise en application rapide en entreprise.

 

Quand la nécessité de rendre l’entreprise plus agile impose de revoir l’organisation, quelques écueils classiques sont à éviter.

 

 La recette magique : Ou la solution prêt-à-penser.

 

Il suffit qu’un influenceur, relayé par les médias, évoque une nouvelle recette magique pour que la tentation d’essayer soit là.

La réponse du bon sens paysan est qu’il n’y a pas de solutions universelles puisque chaque entreprise est unique avec son histoire, sa culture, son mode de fonctionnement.

S’inspirer oui, copier non ! Les premières question à se poser sont : Pourquoi changer ? Pour obtenir Quoi ? Qu’est ce que cela change pour le client ? Pour les équipes ?

 

De l’intention à la réalité.

 

S’il le décalage est trop grand, l’échec n’est pas loin ! Exemples :

Un manager conservateur proclamant la nécessiter d’innover à ses équipes !

Un dirigeant pour qui la délégation c’est « croyant mais pas pratiquant » vantant les mérites du collaboratif !

Le retour aux fondamentaux n’a pas attendu la mode du leadership pour évoquer l’exemplarité du manager et la nécessité d’aligner le discours et la pratique. Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis (Ha Oui, mais, formulé comme ça, c’est pas vendeur Coco!).

 

Le syndrome de l’étage du dessus.

 

Si l’idée vient « du dernier étage » (dans les groupes) ou de « à l’étage » (en PME) sans que le management intermédiaire ne soit impliqué : peu de chances que l’idée ne se transforme en réalité.

Leur capacité à accompagner les équipes lors des changements est un facteur clé du succès.

Le dirigeant initiateur de la démarche a souvent une vision globale des enjeux. Mais manque parfois de la connaissance spécifique du terrain. C’est pourquoi les managers intermédiaires sont les mieux placés pour traduire et adapter la démarche.

 

Le piège de la techno :

 

A l’ère du digital et de la montée en puissance de l’intelligence artificielle, impossible de ne pas penser techno au moment d’innover dans l’organisation.

Un peu comme pour un médicament où l’on devrait plus souvent penser au rapport bénéfice/risque une prise de recul est nécessaire au moment du choix des outils.

S’il est tentant d’améliorer les possibilités de collaboration, de fluidifier la communication, la rigidité couramment constatée sur tel ERP ou tel CRM  conduit parfois à un remède pire que le mal.

En synthèse, j’aimerai faire de nouveau appel à mon ami BSP, le Bon Sens Paysan qui aimait à dire que « plus c’est simple et mieux ça marche »

C’est toute la difficulté de conduire le changement d’une organisation qui vise à faire travailler ensemble des femmes et hommes. Par définition uniques et complexes dans un fonctionnement harmonieux.

 

Un peu comme ce qui a fait le succès initial de l’IPhone : simple d’utilisation côté client. Et ayant nécessité un colossal travail en amont de R&D. Inspirez vous de ce principe pour votre prochain projet. Il y a fort à parier que vous y gagniez beaucoup !