Comment améliorer son management en s’inspirant de Martin Fourcade ?

Performances et régularité pour un palmarès d’exception!

Il va falloir inventer de nouveaux superlatifs tant les performances de Martin Fourcade sont impressionnantes. Performant et régulier, c’est l’homme des records! Son approche est riche d’enseignements pour qui veut améliorer son management.

4 fois médaillé olympique, 11 fois champion du monde entre 2011 et 20177, recordman du nombre de points marqués en une saison, recordman du nombre de victoires en une saison avec 14 courses remportées en 2017!

Sans doute le plus remarquable, il est le 1er athlète à avoir remporté la coupe du monde, le fameux globe de cristal 6 années consécutives de 2012 à 2017. Pour apprécier la performance à sa juste valeur, il convient de rappeler que le globe de cristal se dispute sur 26 courses dans 9 pays

Au passage, il réalise trois Grands Chelems en remportant tous les globes de cristal mis en jeu.

Avec plus de 100 podiums, 74 victoires dont 63 en courses individuelles, le seul record manquant à ce palmarès d’exception est le nombre de victoire en coupe du monde détenu par le Norvégien Ole Einar Bjørndalen avec 95.

Voilà pour l’impressionnant palmarès de celui qui sera notre porte drapeau aux prochains JO de Pyeongchang

Du talent, du travail mais surtout un état d’esprit :

« Je suis un compétiteur, quand je prends le départ d’une compétition, c’est pour gagner ! Néanmoins, je sais aussi me contenter d’une seconde place » Interview le Grand journal du 21 mars 2016

Et, pour compléter, sur la manière de se préparer

« Jusqu’en 2014, je me demandais quel titre je voulais gagner et j’allais le chercher! Aujourd’hui je suis plus dans la satisfaction d’arriver à mettre en place des stratégies, des plans d’entraînements pour arriver à être performant et quand la performance est au RDV j’en suis extrêmement satisfait, c’est du bonheur » Live Facebook Eurosport 3 Octobre 2016

Mettre en place une stratégie, planifier :

Voici des termes qui vont aussi bien pour améliorer des performances sportives que pour améliorer son management.

Comment l’analogie peut-elle se transformer en conseil pour manager?

Dans le 1er cas, c’est l’objectif qui est une fin en soi. Remporter le titre! En version management, augmenter les parts de marché, améliorer la marge

Dans le second cas, c’est la quête de la perfection, la manière qui compte et le résultat devient la conséquence

Et la différence est particulièrement importante!

Qui n’a jamais été confronté à des commerciaux un peu trop entreprenant voire agressifs, conséquence d’un management trop centré sur l’objectif chiffré, souvent à court terme.

Travailler sur l’amélioration continue ou la satisfaction client, rejoint la seconde démarche de Martin : Le chemin est ce qui compte le plus!

C’est selon lui l’explication de ses 14 victoires 2017 : « Si j’ai remporté quatorze victoires cette saison, ce n’est pas en allant les chercher mais en essayant de m’améliorer. C’est la conséquence d’un niveau et non la recherche d’une performance » Interview Ski Chrono Mars 2017

Savoir accepter l’échec :

S’il dit savoir se contenter d’une seconde place, Martin Fourcade sait mettre en place un schéma de pensée positif

Interrogé au retour de Sotchi, il déclarait lors d’une Interview sur RTL  avec Yves CALVI  en Février 2016 : « Je m’étais préparé à rentrer sans titre Olympique, je connais trop le côté exceptionnel d’un titre Olympique mais à aucun moment je n’ai imaginé rentrer sans médaille, ça aurait voulu dire que j’ai fais une faute.

Rentrer sans médaille, je n’y ai pas pensé une seconde mais surtout, je n’ai pas eu peur de ça!

C’est un sport ou il y a beaucoup de cérébral, quand on arrive sur le dernier tir de la poursuite, on sait que si on met les 5 balles on est champion Olympique, il y a deux schémas mentaux qui s’imposent :

-Ou j’ai peur de gagner

-Ou j’y vais pour gagner

A aucun moment je ne me suis dit « si tu loupes la balle tu n’es pas champion olympique »

Je me suis dit « si tu la mets, tu es champion olympique et c’est une idée qui est complètement différente! »

Comment le chef d’entreprise ou le manager peut-il s’inspirer de cet état d’esprit pour améliorer son management?

Savoir que l’échec peut arriver mais tout mettre en oeuvre pour en limiter la possibilité.

Retour à la notion de stratégie, pour arriver prêt le jour J mais avec l’état d’esprit qui convient et ne pas chercher à se défausser.

Relevez les mots employés : « ça aurait voulu dire que j’ai fais une faute. »

Je n’ai pas trouvé une interview d’après course où Martin mettait en cause qui ou quoi que ce soit : la qualité de la neige, le fartage, le vent etc.Et pourtant, les possibilités d’excuses ne manquent pas!

Pour autant, vous avez sans doute déjà croisé des dirigeants mettant en cause le marché, la concurrence, la fiscalité etc.

Gérer la pression :

S’il est un point commun entre un dirigeant de PME et un athlète de haut niveau, c’est bien le fait d’être soumis à la pression.

Staff, supporters, sponsors,  médias pour l’athlète. Collaborateurs, banquier, concurrents pour le manager

Sur cet aspect, Martin Fourcade explique que « Techniquement sur une coupe du monde on tous le niveau pour réussir le sans faute, ce qui fait la différence c’est cette capacité à oublier cette pression à ne pas penser les conséquences de nos actes même si c’est une peu bizarre de dire ça »

Une clef de la réussite c’est la confiance! Et l’une des clefs de la confiance, c’est la préparation! Dans le monde de l’entreprise, cela signifie parvenir se dégager de l’opérationnel pour se consacrer à améliorer son management, l’organisation, la formation. Ce sont les préalables pour que les équipes puissent faire abstraction de la pression.

La recherche permanente de l’amélioration :

A la fin de cette fabuleuse saison 2017, interrogé après la course d’Oslo 2017 par Lequipe21 sur ce qu’il peut encore améliorer : « Continuer à travailler le tir,. C’est la seule chose qui est perfectible cette année, ça joue sur 3 ou 4 tirs en confrontation où je n’ai pas réussi à me transcender »

Quand on sait qu’il a été le meilleur en 2017 avec une performance de 90% de réussite 459 cibles touchées sur un total possible de 506, on mesure mieux le challenge.

En transférant à l’entreprise, cela revient pour un manager à ne pas se « contenter » d’être le meilleur mais de continuellement viser la perfection. Et pour celui qui sait insufflé cet état d’esprit a ses équipes, routine et baisse de motivation ne feront jamais partie de la culture d’entreprise!

A noter le souci du détail, « 3 ou 4 tirs en confrontation ». Sur 506 tirs dans la saison!

En synthèse :

Pour qui veut améliorer son management, une liste, non pas à la Prévert mais à la Fourcade

-Un état d’esprit tourné sur la manière, le résultat étant la conséquence

-Une véritable stratégie, minutieusement planifiée

-Savoir accepter l’échec mais avoir tout mis en oeuvre pour l’éviter

-Ne pas se chercher d’excuses

-Savoir gérer la pression grâce entres autres à une préparation minutieuse, génératrice de confiance

-La recherche permanent d’amélioration

-Le souci du détail

Ce serait faire insulte à leur travail que de ne pas mentionner le travail de l’équipe qui entoure notre champion. Préparateur physique, kiné, diététicien, entraîneur tir, techniciens farteurs etc

Ultime transposition au monde du management. Si le chef d’entreprise est l’athlète, qui a su recruter et former une équipe performante, il va avoir un mode de management proche de celui d’un entraîneur.

Une question peut se poser : Qui entraîne l’entraîneur pour l’aider à aller chercher les derniers détails?

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Enfin, au moment de relever de nouveaux challenges, quelque soit le sport, le champion fait des tests pour identifier toutes les voies d’amélioration.. Découvrez la version Entreprise, l’Evaluation des voies de progrès