Quand votre patron porte un costume en métal

Où en sont les recherches menées à la frontière du robot et de l’humain au sein de l’entreprise ? Une enquête menée par Wlater Frick.

 

Lors d’une conférence sur la robotique qui s’est tenue en 2013, Kate Darling, chercheuse au MIT, a invité le public à jouer avec des Pleo, des jouets animatroniques en forme de dinosaure et qui font à peu près la taille d’un chihuahua. Elle a demandé aux participants de donner un nom à leurs robots et d’interagir avec eux. Ils ont vite découvert que leurs Pleo pouvaient communiquer : les dinosaures indiquaient clairement par des gestes et des expressions faciales qu’ils appréciaient les caresses mais n’aimaient pas être attrapés par la queue. Au bout d’une heure, Kate Darling a accordé une pause aux participants. Quand ils sont revenus, elle leur a tendu des couteaux et des hachettes et leur a demandé de torturer et de démembrer leurs Pleo.

 

Kate Darling s’attendait à un peu de résistance, mais elle a été surprise par le refus unanime du groupe de faire du mal aux robots. Certains participants ont été jusqu’à protéger les Pleo de leur propre corps pour que personne ne puisse leur faire de mal. « Nous réagissons aux signaux sociaux de ces machines qui semblent vivantes, a-t-elle conclu dans une conférence en 2013, même si nous savons qu’elles ne sont pas réelles. »

 

Cette découverte va façonner la prochaine vague d’automatisation. Comme Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee le décrivent dans leur livre « Le Deuxième Age de la machine », les « machines pensantes » – depuis les robots autonomes capables d’apprendre rapidement de nouvelles tâches sur le site de production jusqu’à des logiciels qui savent évaluer des candidats à un emploi ou recommander une stratégie d’entreprise – arrivent sur le lieu de travail et pourraient apporter une valeur considérable à l’entreprise et à la société. Toutefois, même si les contraintes technologiques se dissipent, des contraintes sociales demeurent. Comment pouvez-vous convaincre vos équipes de faire confiance à l’intelligence artificielle ? Ou d’accepter un robot comme collègue (ou même comme manager ?) Et si vous remplacez ce robot, le moral va-t-il en pâtir ?

 

Répondre à ces questions nécessite de comprendre comment les humains vont travailler et entrer en relation avec des machines pensantes. Un corpus de recherches en plein essor développe notre connaissance, apportant un éclairage essentiel sur la façon dont ce genre de collaborations permettront au travail d’être fait. Au fur et à mesure que ces machines passeront du statut d’outils à celui de collègues, une chose est sûre : les accepter représentera bien plus que simplement adopter une nouvelle technologie.

 

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