Pour plus de performance, commençons par adapter notre espace de travail à notre mode de fonctionnement

Si vous avez besoin de calme pour être concentré et travailler efficacement, et que votre bureau se situe au milieu d’un open space de 20 mètres carrés, que vous partagez avec cinq autres salariés, et face à un couloir où la moitié de l’étage passe sans arrêt, autant que les choses soient claires : vous êtes en lutte permanente. En lutte contre le bruit ambiant, contre la stimulation visuelle que représente chaque passage…

 

Il est évident que nous ne sommes pas tous égaux en matière de concentration ou de tolérance au bruit. Mais mieux comprendre comment notre cerveau fonctionne permet d’adapter et d’optimiser les espaces de travail, pour améliorer notre efficacité et notre bien-être.

Le cerveau représente 2% du poids du corps mais plus de 20 % des dépenses énergétiques, soit plus qu’aucun autre organe

Actuellement, 24 % des salariés travaillent en open space, 38 % dans un espace combinant bureaux fermés et open space et 37 % dans des bureaux individuels (étude Ipsos/Steelcase menée auprès de 12 480 employés de bureau issus de 17 pays sur quatre continents). Les espaces de travail peuvent donc être différents d’un salarié à l’autre. Mais ce dernier a-t-il la possibilité de bénéficier de plusieurs environnements de travail, au sein d’une même journée ? Rarement. Et c’est bien là tout le problème car les recherches en neurosciences ont mis en évidence que le cerveau compte trois modes de fonctionnement distincts, pour chacun desquels il faut adapter l’environnement : la concentration ; la régénération et l’inspiration ; enfin, l’activation. « Le cerveau a des moments d’alerte et des moments de relâche, c’est pourquoi les individus sont parfois plus attentifs et parfois beaucoup moins. Etre en permanence concentré serait épuisant, c’est pourquoi nous nous laissons distraire par moment, pour permettre à notre cerveau de se reposer et de se régénérer », observe Beatriz Arantes, chercheuse et psychologue au sein du département de recherche et de prospective « Workspace futures » de Steelcase.

 

Mode 1-  La concentration

Cet état est nécessaire lorsque l’on travaille sur un dossier compliqué, que l’on doit manipuler des concepts complexes ou des chiffres… En résumé, il s’agit de toutes les tâches qui nécessitent des efforts pour être réalisées, et que l’on n’accomplit pas de manière automatique. Cela représente une grande partie de notre temps de travail.

Environ 20 % des Français ont besoin de silence pour travailler. Or, ils sont 39 % à déclarer ne pas disposer d’endroits appropriés pour se concentrer. Résultat, un tiers d’entre eux estime ne pas être réellement productif (étude Think Better, Steelcase, de septembre à novembre 2015). Lorsque l’on travaille en open space, le bruit n’est pas le seul problème. Les interruptions continues le sont tout autant : selon l’université de Californie (Irvine), les salariés sont distraits toutes les trois minutes et il leur faut à chaque fois environ 20 minutes pour se reconcentrer sur leur tâche. L’être humain est physiologiquement conçu pour être distrait : à l’époque où son environnement était plus hostile, il lui fallait en effet être attentif au mouvement, au bruit, pour repérer un éventuel prédateur. Il n’est donc pas naturellement fait pour la concentration. C’est d’ailleurs pour cela qu’il la perd si facilement.

 

Lire la suite de l’article de Caroline Montaigne sur Harvard Business Review