La prise de décision tout un art !

Un classique en période de crise : «On verra bien!». Bien des managers préfèrent retarder l’heure de vérité, qu’on choisisse pour eux. Et vous? Votre job n’est-il pas de décider ? Si, répond François Enius, coach de dirigeants.

 

En 2013, certains dirigeants n’osent plus prendre de décisions, apeurés par l’économie actuelle même si parfois leur société se porte bien. Ils ne manquent ni de compétences, ni de capacités financières, mais on « simplement » peur de décider dans les moments difficiles.

 

Les managers n’osant plus se projeter, la confusion s’installe dans les équipes. 5 conseils clés pour échapper à ce cas de figure.

 

1. Se libérer de sa peur. 

 

Vous êtes face à une décision importante. Vous craignez de vous tromper et les conséquences qui peuvent s’en suivre. Allez-vous perdre votre poste? Votre réputation est-elle si fragile? Vos équipes sont-elles si méfiantes? N’envisagez pas le pire. Vous avez déjà prit des décisions. A quand remonte la dernière en matière de recrutement, d’innovation, de réorganisation ? Comment cela s’est-il passé? Il y avait surement des difficultés mais vous les avez surmontées. Aujourd’hui, vous êtes dans l’émotion, l’anxiété. Rappelez-vous cet état d’esprit, ces réussites, les félicitations, le regard brillant de vos collaborateurs… Encouragez-vous à positiver.

 

2.Mesurer les risques

 

Dans l’incertitude, il y a 2 types de dangers :

 

1/La tergiversation.

L’indécision a un prix. Vous hésitez à recruter cet ingénieur ? Le dossier du moment va traîner. Sentant vos doutes, les collaborateurs se démobiliseront. Et il vous perdrez le renfort espéré.

 

2/ Ceux liés à un choix.

Ils sont banals mais réels. Faîtes le pour et le contre. Aidez vous des outils : l’analyse SWOT par exemple. Prenons le cas du recrutement. Louper un casting peut coûter jusqu’à six mois (cabinet, intégration, formation) et retarder les tâches mais le réussir peut rapporter des idées, de l’énergie, du temps etc. Et si l’enjeu est fort (le projet bêta peut faire des petits, etc.), soupesez les bénéfices. Autre astuce: placez-vous par la pensée tiré(e) par un élastique de chaque côté (dessinez-le) et interrogez-vous. Qu’est-ce qui me retient? Qu’est ce qui m’attire? L’avantage : ces phrases sont positives donc elles vous dynamiseront.

 

3. Casser le mythe de la « bonne décision« 

Questionnez les experts et collaborateurs compétents pour avoir leurs avis. Ils nourriront votre réflexion. Plus vous aurez de données, plus la marge d’erreur se rétrécira. Par ailleurs, fixez-vous une limite de temps pour vous déterminer : 2 heures ou 15 jours. Mais, vous n’y parviendrez qu’en abandonnant cette croyance absurde qu’il n’y a qu’une bonne décision. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il y a plusieurs décisions et il y a la votre. Il faut être certain de son choix (même contre l’avis des autres) et pouvoir le défendre.

 

4. Dire non, c’est aussi une décision

Dire non peut être une bonne chose. Cela vous laisse la possibilité de dire oui… plus tard. Cependant, il faut justifier cette négation. Tel ce dirigeant au sein d’une société de conseil qui balançait entre créer un management intermédiaire ou continuer à piloter 14 agences en direct. Il a renoncé à la première hypothèse. C’était pour lui la « moins pire », son budget était trop juste et la négociation compliquée. Du coup, les gens ont su très vite dans quel cadre travailler et replonger dans l’action. Dire oui présuppose d’avoir raisonné et d’avoir une vision. Un coup de tête n’est jamais bon !

 

5. Explorer d’autres voies.

Pensez en dehors du cadre. Si vous respectez le timing et les finances, tout est envisageable. Dans le cas d’un recrutement en suspens, vous pouvez opter pour un intérimaire de haut vol, plutôt qu’un CDI. Ou vous faire aider par un crack du service voisin ou encore sous-traiter une partie du projet ou le confier à un partenaire… Changez d’angle de vue, la décision en est souvent facilitée.