Pourquoi les salariés n’aiment plus leur bureau

Gros malaise entre l’open space, la machine à café et le photocopieur… les Français ne supportent plus l’aménagement de leurs espaces de travail. Ils sont 43% à le dire, contre 31% dans le monde (sources : chaire immobilier et développement durable de l’ESSEC, UK Green Building Council, baromètre Actinéo sur la qualité de vie au bureau, édition 2013).

 

Portes ouvertes ou fermées, lieux de réunions systématiquement sans fenêtres, escaliers glauques, fumeurs éjectés, néons sans âme, mobilier à roulettes, confort thermique et acoustique aléatoires, coupure avec le milieu naturel, cloisonnement anarchique (« Pourquoi lui a un bureau, et pas moi ? »)… En réalité, le problème ne se situe pas là. La question majeure tient dans le passage d’une conception fonctionnelle de la répartition des mètres carrés (économie de production) à une architecture organique de l’espace de travail (économie de l’information). Il faut retrouver du plaisir à vivre, inventer, bouger ensemble afin de participer à l’émergence d’autres formes de performance collective et durable. Autant dire, une révolution.

 

Un impact direct sur la motivation

 

Eloignement des centres villes (l’immobilier est le deuxième poste de coût, après les salaires), arrivée des « digital natives » sur le marché du travail (93% d’entre eux rejettent le bureau classique), explosion des technologies collaboratives (dématérialisation de l’entreprise), engouement pour les tiers-lieux (4 millions de travailleurs indépendants travaillent « hors les murs » de l’entreprise), développement durable et RSE incontournable (du chantier à l’exploitation)… 92% des Français voient un lien direct entre espace de travail et motivation personnelle, contre 89% en 2011. Et 43% seulement estiment bénéficier de conditions satisfaisantes pour se concentrer, contre 54% dans le monde. Bref, ambiance morose au bureau…

 

Une architecture moderne obsédée par sa vision fonctionnelle, éloignée de l’usager

 

Au fil des siècles, tant bien que mal, l’homme a su adapter son espace de travail à ses besoins. Pourquoi ne pas y arriver aujourd’hui?

Les moines du Moyen Age travaillaient debout et en silence ; une concentration en forme de droiture personnelle. A la Renaissance, avec l’arrivée des « computer » (maîtres à compter), il fallut s’asseoir pour mieux vérifier les chiffres. La nécessité de l’échange d’informations n’apparut qu’au 18ème siècle avec les premiers bureaux dans les salons. Puis, avec le téléphone, le 19ème siècle a séparé les bureaux des lieux de production, les uns grimpant dans les gratte-ciels, les autres s’étalant dans les banlieues durant le siècle suivant. Il fallut attendre les années 1960 pour qu’ergonomes et médecins se penchent sur le sort des travailleurs « bureaucratisés ». Le design aidant, la gestion de projet, la transversalité, la nécessaire rapidité des décisions ont fait le reste. Pour le meilleur… et pour le pire.

 

Lire la suite de l’article de Nicolas Rousseaux sur Harvard Business Review